Chez Carda Mom

Le blog de Maman Cardamome, un univers épicé et doux à la fois...

20 octobre 2007

L’allaitement maternel est beaucoup plus qu’une simple histoire de sein ou qu’un sujet de nutrition

Vous vous souvenez peut être de ce billet qui date maintenant (semaine de l'allaitement 2006... suite à un  article consternant paru dans Libé). Eh bien le président de la COFAM a répondu par une lettre ouverte en janvier dernier. J'ai jugé bon de la diffuser en cette semaine de l'allaitement qui s'achève... Bonne lecture et merci à Marc Pilliot!


Communiqué de la CoFAM

A la fin de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel en octobre, et à l’initiative de mères, a été organisé une « Grande tétée » en public, rassemblement de femmes allaitantes dans plusieurs grandes
villes de France. Tous les médias en ont fait un écho positif et ému, sauf Mme Arrighi qui a écrit, dans le journal « Libération », des propos ironiques sur cet évènement. Cet article a provoqué un vif débat entre
les lectrices et le journal. Puis, fin novembre et toujours dans « Libération », Mme Rotman a élargi la discussion avec ce « sacro-sein allaitement » qui culpabilise certaines mères.
En tant que président de la CoFAM, le Dr Marc Pilliot a souhaité réagir pour sortir le débat des passions irrationnelles et pour le tirer vers plus de sérénité et de tolérance. Vous trouverez ci-joint la lettre ouverte qu’il a adressée aux journalistes et à la rédaction du journal. Certes, elle est longue, mais il s’agit d’un sujet trop vaste pour être traité en quelques lignes.
Avec nos salutations distinguées,

Le Comité d’Administration de la CoFAM
Janvier 2007
* CoFAM : Coordination Française pour l’Allaitement Maternel 1
** Label décerné par l’OMS et l’UNICEF


L’allaitement maternel est beaucoup plus qu’une simple histoire de sein ou qu’un sujet de nutrition

Lettre ouverte à « Libération »
Dr Marc PILLIOT, Président de la CoFAM *
Clinique Saint Jean de Roubaix, Label international « Ami des Bébés »**

Le 23 octobre dernier, vous avez publié un article ironique, voire sarcastique, sur « la Grande Tétée » (1), rassemblement de mères allaitantes en public, dans plusieurs villes de France, à l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel (SMAM). Ce reportage a provoqué de vives réactions de la part de mères
« choquées », « déçues », « atterrées » par les propos de votre journaliste. Toutes ces réactions reflétaient bien le « ras-le-bol » de toutes ces femmes qui sont raillées, stigmatisées, blessées parce qu’elles allaitent plusieurs mois. En France, contrairement aux autres pays d’Europe, pour allaiter plus de 3-4 mois, il faut devenir une véritable « pionnière ». Comme pour faire le contrepoint, vous avez publié le 30 novembre un article sur « le sacro-sein allaitement » (2), pour témoigner sur ces mères qui subissent des pressions sociales ou médicales pour continuer d’allaiter alors qu’elles sont en difficulté avec leur allaitement.
Enfin, le 26 décembre dernier, vous avez publié « Réapprendre l’allaitement » (3), réactions de deux médecins épidémiologistes qui apportent un regard scientifique sur ce sujet. Vous avez ouvert là un débat essentiel qui pourrait permettre enfin de parler du corps des femmes, de nos croyances personnelles face aux certitudes scientifiques, des enjeux de Santé Publique, de la liberté du choix individuel, de la puissance de la publicité, de la perte de nos repères avec les jeunes nourrissons…

Pauvres mères, qui culpabilisent quand elles n’allaitent pas !
Pauvres mères, qui culpabilisent quand elles veulent allaiter et qu’elles n’y arrivent
pas (le plus souvent à cause des conseils inadaptés donnés par les professionnels) !
Pauvres mères, qui culpabilisent quand elles allaitent longtemps !
Pauvres pères, que la perte des repères machistes et simples d’autrefois oblige, en
tâtonnant, à réinventer leur rôle et à oser être « paternant » !
Pauvres soignants, qui sont souvent perdus dans cet imbroglio d’idées personnelles et
de connaissances scientifiques mal digérées !
Pauvre Société, qui est toujours dans la Mesure, la Normalité, la Performance !
Il n’a jamais été écrit nulle part qu’il était simple d’être parent, et cessons de faire croire qu’il existe des parents parfaits.


En tant que Président de la CoFAM, je souhaite alimenter ce débat qui a malheureusement commencé de façon passionnelle. Nous sommes dans une culture de non-allaitement depuis des siècles et cela nous vaut une des dernières places en Europe. Il est temps de sortir des stigmates, des diktats, des sarcasmes, de l’irrationnel. 

Pour commencer, corrigeons les erreurs trouvées dans votre article « La Grande Tétée » (1) :
Ce rassemblement s’est organisé à l’initiative de mères, sans le « soutien actif » de la CoFAM. Celle-ci a seulement transmis l’information, comme elle le fait pour toute action réalisée dans le cadre de la SMAM.

Ce n’est pas seulement La Leche League qui préconise d’allaiter au moins jusqu’à deux ans, mais bien l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et toutes les Sociétés savantes de Pédiatrie (française et étrangères):
« allaitement exclusif jusqu’à six mois, puis avec une alimentation diversifiée jusqu’à deux ans ou plus ». Cette recommandation scientifique est réfléchie et directement issue de la connaissance des bénéfices santé pour le bébé et sa mère.
Eh oui ! Comme vous l’écrivez, « on ne compte plus les articles qui vantent les bienfaits de l’allaitement ». Et pourquoi devrions-nous ne pas le faire, après des décennies de mutisme sur le sujet ? Les fabricants de lait artificiel ne se gênent pas pour vanter leurs produits qui sont pourtant beaucoup moins performants. Rappelons que la poudre de lait provient du lait de vache modifié ou de protéines de soja et qu’elle n’est pas stérile. Alors oui, les bénéfices santé sont nombreux (4,5) : le souligner, ce n’est pas culpabiliser les mères, c’est juste dire les choses comme elles sont et faire de l’information.

Le lait maternel est un produit biologique, vivant, évolutif qui véhicule des nutriments adaptés, mais aussi qui possède de nombreuses propriétés biologiques (cellules diverses, enzymes, facteurs de croissance, hormones,
etc…). La croissance en poids et en taille de l’enfant au sein est spécifique et identique quelles que soient les variations génétiques et l’origine ethnique.

L’allaitement diminue l’incidence et la gravité de nombreuses maladies infectieuses, virales et bactériennes, y compris dans les pays industrialisés. La protection est d’autant meilleure que l’allaitement est exclusif et prolongé.

L’allaitement maternel a aussi un effet protecteur sur le risque d’obésité chez l’enfant et l’adolescent, sur le risque de malocclusion dentaire, sur la pression artérielle et la cholestérolémie de l’adulte. Pour la prévention de l’allergie, les études sont contradictoires. Pour le développement cognitif, des études avec
correction des biais éventuels montrent un bénéfice d’environ 3 points de quotient intellectuel (6,7) : cela reste bien sûr très modeste sur le plan individuel, mais c’est très intéressant à l’échelle d’une population.

Pour la mère, les bénéfices de l’allaitement sont notables : diminution des infections post-partum, perte de poids plus rapide, protection contre les cancers du sein et de l’ovaire, prévention de l’ostéoporose.

Enfin l’ocytocine, régulièrement larguée dans le cerveau maternel lors de l’allaitement, joue un rôle dans la modulation des comportements de la mère avec diminution de l’anxiété, du stress et de la réactivité aux émotions négatives. Cela renforcerait ainsi un climat émotionnel favorable à la mise en place de la relation mère-enfant (8,9).

Mais, en fait, la notion de tous ces bénéfices de l’allaitement n’est pas fondamentale pour le choix d’une mère. Ce n’est pas sur ces arguments-là que l’allaitement sera vraiment choisi et ce n’est pas cela qui permettra de faire un allaitement prolongé. Nous développerons ce point plus loin. Par contre, ces arguments sont fondamentaux :

1. Pour les professionnels de santé, afin qu’ils soient convaincus que l’allaitement est bénéfique pour l’enfant et sa mère, comme ils sont assurés que le tabac est délétère et que l’alcool est dangereux pour un foetus. Etant convaincus, ils seront plus enclins à faire le nécessaire pour se former et pour mieux informer les parents. Pauvres soignants qui réalisent que l’allaitement est bénéfique, mais qui n’ont pas la formation pour en parler objectivement aux parents ! Les exemples et les témoignages que vous citez montrent l’incompétence des professionnels qui entouraient ces femmes.

2. Pour les instances de Sécurité Sociale et pour celles de Médecine du Travail, pour les convaincre de tout faire pour aider une mère qui allaite. Arrêtons d’ennuyer les médecins qui choisissent de faire un prolongement de congé de maternité pour faciliter la poursuite de l’allaitement.

3. Pour les Pouvoirs publics enfin, car l’allaitement est un véritable enjeu de Santé Publique, du même ordre que la prévention de l’obésité, du tabagisme ou de l’alcoolisme. A titre d’exemple, il serait préférable de prolonger le congé maternité pour éviter d’exposer des nourrissons de deux mois et demi dans des crèches où ils risquent d’attraper une bronchiolite, toujours grave à cet âge-là. Par ailleurs, cette mesure profiterait aussi aux bébés nourris au biberon. Dans la même optique économique, les Pouvoirs publics devraient savoir que le nonallaitement est source d’appauvrissement pour les familles : des études montrent que cela entraîne une dépense familiale d’environ 1800 euros et une dépense nationale de santé de l’ordre de 150 millions d’euros par an (10,11) ; des études nord-américaines retrouvent le même impact financier (12).

Le soutien de l’allaitement par les Pouvoirs publics, avec la publication de documents dans le cadre du PNNS (Programme National Nutrition Santé), est nécessaire et très utile, mais il faudrait plus que de simples intentions.
La formation initiale des professionnels est pratiquement inexistante (une heure de cours pendant les études médicales) alors qu’elle devrait être obligatoire, comme il est imposé, pour devenir médecin, sage-femme ou puéricultrice, de connaître certains gestes de soins et d’avoir des notions élémentaires sur la nutrition, les vaccinations, la prévention de certaines pathologies, etc… Cette formation devrait être fondée sur des données scientifiques actualisées et non pas sur de vieilles croyances.
Quant à la formation continue, elle ne devrait pas être laissée au bon vouloir de chacun, ni au bon vouloir des directeurs d’hôpitaux ou de cliniques. A ce niveau, il existe déjà des organismes très compétents : leurs actions devraient être soutenues et officialisées.

En fait, notre société est mal à l’aise avec l’allaitement maternel et oscille toujours entre l’ingérence et l’abstention :
L’ingérence, au point de ne pas être à l’écoute des mères et/ou des parents comme dans les cas soulignés dans votre article du 30 novembre.

L’abstention, sous le prétexte hypocrite de respecter la liberté d’autrui (ne culpabilisons pas les mères qui ne souhaitent pas allaiter), mais qui ressemble plutôt à une démission devant l’isolement des familles dans les
grands centres urbains, devant la méconnaissance du corps et de ses sensations, devant la méconnaissance des rythmes et des besoins de proximité du bébé, devant la mode qui fait choisir dans un sens ou dans un autre sans réfléchir à ce que cela implique. Démission enfin devant les stratégies commerciales des fabricants de laits artificiels dont les moyens financiers sont très supérieurs à ceux de la Santé Publique.

Tout se complique en France avec le féminisme à la française, type Simone de Beauvoir, qui proclamait que la maternité est une aliénation de la femme.
Cessons de croire que l’allaitement éloigne les femmes de la vie publique et professionnelle. Les études dans l’Europe du Nord montrent le contraire (13).

Et si la pratique est difficile, c’est que l’allaitement maternel est beaucoup plus qu’une simple histoire de sein ou qu’un sujet de nutrition (14).
Parler d’allaitement, c’est aussi parler de la sensualité, des émotions, des hésitations, des ambivalences vécues au travers de cette relation mère-enfant qui se cherche et qui s’établit à des rythmes variables. Dans l’allaitement, la mère est rapidement confrontée à des vagues d’émotion et aux réminiscences de sa propre histoire, aux croyances et aux valeurs de son entourage. L’allaitement est un acte réellement intime qui peut projeter, comme pour l’accouchement, dans notre « animalité ».

Certes il s’agit d’un acte « naturel », génétiquement programmé comme chez tous les mammifères, mais chez les humains, c’est aussi un geste imprégné de sens, de fantasmes, de souvenirs, de valeurs, de « Culture ». Allaiter, c’est accepter qu’un « bébé se love, touche et pose sa bouche sur le sein », c’est « oser  s’abandonner et se laisser faire » (15). « Téter, c’est comme un bisou » dit une maman que vous citez.
Et le lait vient d’autant mieux que la maman a de la patience et qu’elle sait lâcher prise. C’est un corps à corps intime, ce sont deux corps qui s’adaptent l’un à l’autre dans un climat biologique et émotionnel. C’est en cela que l’allaitement est aussi un chemin initiatique vers la connaissance de soi, de son corps et de ses émotions, mais aussi vers la connaissance de son enfant. L’allaitement plonge donc la mère (et le père) dans toutes les ambiguïtés de la parentalité. Pour certaines mères, le biberon peut être un moyen de se protéger de cet afflux d’émotivités, parfois trop difficiles à gérer. A l’inverse, pour d’autres femmes, l’allaitement prolongé peut être une manière de se protéger des émotions négatives (grâce aux effets de l’ocytocine). Ainsi certaines mères peuvent choisir d’allaiter un de leurs enfants et pas les autres. Les motivations sont toujours très personnelles et très intimes. On comprend mieux ainsi que le choix d’une mère, le choix des parents ne peut se faire seulement avec des arguments scientifiques de bénéfices-santé. En fait, une maman choisit d’allaiter tout simplement parce qu’elle en a envie.

Mais, dans notre société, tout est fait pour que le choix soit difficile. On demande en effet aux parents de choisir quelque chose qu’ils ne connaissent pas et sans qu’on leur donne une information juste, objective, non passionnelle. Dans ces conditions, choisir l’allaitement, c’est un peu comme « partir vers une destination
inconnue », avec des renseignements imprécis et contradictoires. Le choix n’est pas vraiment libre, face aux pressions sociales et culturelles pour utiliser le biberon rapidement.

Par ailleurs, pour réussir un allaitement, la maman a besoin d’être en confiance : en confiance avec elle-même et avec son bébé, en confiance aussi avec son entourage familial, social, culturel. Or comment être en confiance dans cette société qui dépossède la femme de son corps pendant toute la grossesse et pendant
l’accouchement ? La médicalisation excessive donne l’impression à beaucoup de femmes d’être un vase sacré ou, pire, une « bombe ambulante » : il faut faire ceci ou cela, ou à l’inverse ne pas faire, il faut subir pléthore d’examens pour dépister les pires choses. On n’en fait pas tant dans les autres pays d’Europe qui ont de meilleurs résultats en périnatalité. Et que fait-on si on découvre une anomalie ? On continue « d’agir » sans se soucier des dégâts psychoaffectifs que cela peut provoquer, voire des dégâts sociaux avec perte de repères. Combien de femmes sont fustigées parce qu’elles refusent une amniocentèse ?

Et à l’accouchement, laisse-t-on vraiment la maman choisir ? Les positions sont généralement imposées, la péridurale est proposée comme seule solution alors qu’il y en a beaucoup d’autres, les déclenchements sont trop nombreux, les épisiotomies sont excessives, etc...

La naissance n’est pas seulement un acte physiologique, ni un acte médical ; c’est aussi un évènement familial et social. La façon de naître ne devrait pas être décidée seulement par les soignants, sauf en cas de pathologie.
La grossesse et l’accouchement, mais aussi l’allaitement (qui est la suite physiologique d’une grossesse), sont un vrai travail d’initiation au secret de la Vie. Comme déjà précisé plus haut, l’allaitement est un état d’esprit, une façon d’être. Mais donne-t-on le temps aux femmes de réfléchir à tout cela lorsqu’elles sont dans le
désir d’enfant, dans le cheminement d’une grossesse, dans le désir d’allaiter ? Notre société n’est pas du tout dans ce discours-là.

Du côté des adultes, la confusion est fréquente entre le sein nourricier et le sein érotique. Certes, le sein est d’abord vécu comme objet sexuel, objet de séduction, voire objet publicitaire, mais depuis le début de l’humanité cela reste un organe de nutrition. Quoi qu’en pensent certains « psy », l’un n’empêche pas l’autre : la nutrition du bébé et les caresses du papa ne se font pas dans le même temps. Et si le père a du mal à trouver sa place, est-ce à cause de l’allaitement ? Ou à cause d’une difficulté à supporter ce lien exclusif ? à cause d’une jalousie, d’une compétition d’intérêts… qui révèlent chez lui le doute sur ce qu’est le lien paternel et la difficulté à gérer les émotions négatives de frustration ?

Du côté de l’enfant, celui-ci est devenu « produit de consommation » : le nouveau-né doit arriver quand on le souhaite, il doit être « conforme » ; il peut être gênant et il faut donc le contrôler, le cadrer, le dresser. Notre culture de séparation vient ajouter de la confusion. Sous prétexte que l’enfant doit vite être autonome, les jeunes parents subissent de nombreuses pressions familiales, sociales, voire médicales : ne pas trop le prendre dans les bras, le coucher rapidement hors de la chambre des parents, le mettre à la crèche à 2 mois et à l’école à 2 ans. Certains « psy » vont jusqu’à culpabiliser les mères lorsque l’allaitement se prolonge au-delà de 2-3 mois, alors que les études montrent que l’enfant est plus serein et plus autonome lorsque l’allaitement a duré longtemps. On oublie que pour se détacher, il faut d’abord avoir été « attaché ». De ce fait, notre société a des exigences irréalistes avec les bébés, des exigences qui ne tiennent pas compte des rythmes et de la physiologie du jeune nourrisson, ni des processus d’attachement.

Pauvres bébés à qui on ne donne pas le temps de s’adapter en harmonie ! Pauvres mères à qui on ne donne pas le temps de se construire autour de cette fusion initiale avec leur nouveau-né ! Et du fait de leur « manque » au départ, elles n’osent plus dire « non » quand l’enfant est plus grand, avec toutes les conséquences négatives que cela peut entraîner. Dans tout cet imbroglio, le père pourrait jouer un rôle « paternant » d’étayage et de soutien.

Le but de cette longue lettre est de démontrer que l’allaitement ouvre le débat bien au-delà de la nutrition et de la relation mère-bébé. Cela déborde forcément sur la famille, la société, la publicité, notre « Culture ». Cela évoque aussi notre façon d’accueillir les bébés et notre manière d’accompagner les parents. Cela
interpelle notre Médecine qui s’occupe essentiellement « du corps », en oubliant souvent d’accompagner « la personne » (à ce titre, l’examen du 4ème mois de grossesse est un 1er pas vers le retour à une écoute active).

Dès lors on comprend mieux que, dans les milieux défavorisés, le nonallaitement soit généralisé. Cela traduit un mal-être plurifactoriel : effritement du tissu social, isolement, pauvreté affective, pertes des repères du corps. A l’inverse, pour beaucoup de femmes, l’abandon de l’allaitement est vécu comme un échec personnel
alors que c’est souvent le résultat d’une série d’erreurs tactiques de la part du système médical. On voit bien la nécessité d’une vision large et globale de l’allaitement et on comprend mieux que le débat soit vite passionnel, voire irrationnel.

Alors, comment faire pour rester sereins et pour que les mères puissent être comprises dans leur choix, quel qu’il soit ? Les moyens à mettre en oeuvre sont vastes :

1. En premier lieu, la formation des soignants. Nous en avons parlé plus haut. Cela devrait entrer dans un prochain programme de Périnatalité. En complément, il devient indispensable d’obtenir des données épidémiologiques précises sur la prévalence et la durée des allaitements exclusifs et des allaitements partiels ou accompagnés d’une alimentation diversifiée. Cela permettrait enfin d’avoir une meilleure connaissance du terrain et de pouvoir comparer avec les pays voisins.

2. L’information objective des parents, afin qu’ils puissent faire un choix enfin « éclairé », détaché des fausses idées et des a priori. Comme le précisent Kirsten Simondon et Mickael Kramer dans leur article du 26 décembre (3), il faut remettre l’allaitement dans la sphère publique.

3. « Humaniser » la naissance, éviter les gestes inutiles et, lorsque tout va bien, laisser les parents et le bébé se rencontrer dans l’intimité, tant il est vrai que cela favorise le lien mère-enfant et le bon démarrage de l’allaitement. Cela profiterait aussi aux bébés nourris au biberon.

4. Accompagner la mère, accompagner les parents et non pas dicter, intervenir, faire à la place de… « Accompagner », c’est respecter les émotions de l’autre, c’est valoriser ses ressources et ses initiatives, c’est « rejoindre l’autre plutôt que de convaincre ». Les professionnels sont trop formés à agir. Il leur faut apprendre aussi à écouter, à observer, à « agir les mains dans le dos ».

5. Redécouvrir et respecter les rythmes neurologiques et alimentaires du jeune nourrisson, le laisser se nourrir en fonction de ses besoins exprimés et non pas selon un rythme imposé par l’adulte.

6. Accepter la proximité mère-bébé pendant les 1ers mois et, à ce niveau, laisser les parents vivre à leur guise.

7. Travailler en réseau avec tous les acteurs qui peuvent aider la maman après le retour à la maison et/ou après la reprise du travail : réseaux régionaux de périnatalité, réseaux de médecins et de PMI (à condition d’y trouver des professionnels bien formés), et bien sûr les associations de soutien aux mères allaitantes dont les bénévoles sont longuement formées et rodées aux difficultés que peuvent rencontrer les mères.

8. Clarifier les relations entre les professionnels de santé et les fabricants de laits artificiels. En France, il y a plus de 150 laits infantiles destinés aux enfants de la naissance à l’âge de 3 ans, alors qu’il y en a seulement une vingtaine en Suède, en Norvège ou au Québec. La concurrence est très rude. Les industriels proposent donc une multitude de laits pour régler certains troubles digestifs, sans pour autant que ces allégations  soient systématiquement et rigoureusement appuyées par de réelles études.

Le « Code International de commercialisation des substituts du lait maternel » est souvent mal respecté. La pratique des « tours de lait » existe toujours et l’organisation de nos maternités rend difficile de s’en passer. Le décret de 1998 interdit surtout de distribuer du lait artificiel aux mères, au moment de la sortie. Les établissements sont obligés d’acheter le lait, mais les prix sont modiques, voire purement symboliques, et les industriels reversent de l’argent aux maternités en fonction du lait fourni pendant le tour. Il existe donc parfois des pressions de certaines directions d’hôpitaux pour que la consommation de lait artificiel ne diminue pas à cause d’une promotion trop efficace de l’allaitement maternel. Il y a aussi des endroits où l’ordonnance de sortie prescrit un lait en cas de problème avec l’allaitement : une façon pernicieuse et inacceptable de faire perdre confiance à la mère dans ses capacités à allaiter.

9. Enfin, faciliter la disponibilité maternelle et parentale, d’autant plus que les familles sont souvent isolées. Pour ce faire, il serait utile de réaliser des mesures sociales pour aider les mères à poursuivre l’allaitement tout en préservant leur profession, comme cela est fait dans de nombreux pays d’Europe. Un congé maternité de plusieurs mois permettrait enfin de respecter les recommandations scientifiques d’un allaitement exclusif de six mois et protégerait les tout jeunes nourrissons des risques infectieux liés à la vie en collectivité. Un soutien pour l’allaitement chez les mères en précarité est fondamental. De nombreux pays le font, mais en France l’aide se résume à donner du lait artificiel. En outre, toutes ces mesures favoriseraient la « parentalité » à tous les niveaux. Enfin, un réseau de crèches sur les lieux de travail mériterait d’être plus développé et des consultations de lactation devraient être reconnues et facilitées. Citons comme exemples le Conseil Général de l’Essonne qui finance et gère quatre consultations d’allaitement, ou bien le Conseil Général et la CPAM du Morbihan qui, actuellement, prennent en charge la formation d’une douzaine  de personnes pour faciliter la création de consultations d’allaitement dans tout le département.

Toutes ces mesures permettraient d’améliorer la situation de l’allaitement maternel en France. Il existe déjà un concept qui reprend la plupart des propositions citées plus haut, mais la France rechigne à l’adopter : c’est l’Initiative Hôpital Ami des Bébés (IHAB) proposée en 1991 par l’OMS et l’UNICEF. L’IHAB est une démarche de qualité, fondée sur des données scientifiques nombreuses (16, 17,18) : elle permet la mise en place de pratiques hospitalières, centrées sur la famille, et respectant les besoins et les rythmes des nouveau-nés. C’est un projet de service qui favorise l’accompagnement de l’allaitement maternel, mais qui va bien au-delà (19) : les compétences, le savoir-faire, la motivation qui sont acquis autour de l’accueil du
nouveau-né et de l’allaitement vont bénéficier à tous les nouveau-nés, allaités ou non, et à toutes les mères, allaitantes ou non, ainsi qu’à toute l’activité de la maternité. Il ne s’agit pas d’appliquer un protocole, mais de créer un état d’esprit d’accueil et d’accompagnement en offrant des soins de qualité et en toute sécurité. C'est une démarche volontaire, en phase avec la préparation à l'accréditation des hôpitaux et en accord avec les objectifs du « Plan de gouvernement pour la Périnatalité ». L’IHAB a fait ses preuves depuis 15 ans, dans de nombreux pays : plus de 19600 hôpitaux dans le Monde et environ 650 en Europe, dont plusieurs hôpitaux universitaires ; les résultats sont probants au niveau de la prévalence et de la durée de l’allaitement.
Comprenant l’enjeu de qualité de cette initiative, le gouvernement belge a récemment incité les maternités du pays à se lancer dans cette démarche (20) : six maternités ont été labellisées en 2006, onze autres sont prévues pour 2007 et il est prévu de labelliser 25% des maternités d’ici 2010. Lorsqu’une volonté politique est
exprimée, les progrès peuvent être rapides. En France, nous avons seulement cinq maternités labellisées sur un total d’environ 620 maternités, mais uniquement grâce à l’énergie de quelques bénévoles et de quelques professionnels convaincus.

Pouvoirs publics, Conseils généraux, Conseils régionaux, personnalités politiques, Agences Régionales des Hôpitaux, Directions des hôpitaux et des cliniques, Chefs de service, médecins, sages-femmes, puéricultrices, Médias et journalistes,
Parents, réveillons-nous et agissons !

Chacun à notre niveau, faisons en sorte que les mentalités progressent en France, à l’instar des autres pays de l’Europe ! Faisons en sorte que, pour les soignants, l’allaitement soit dans le monde de la Connaissance et non pas dans celui de l’émotivité, de l’irrationnel ou des croyances personnelles ! Faisons en sorte que l’accueil à la naissance et l’accompagnement de l’allaitement tiennent compte des dernières données scientifiques ! Faisons en sorte que l’information aux parents soit objective, tout en restant dans l’écoute (à ce niveau, le rôle du soignant est seulement de repérer les vulnérabilités) ! Faisons en sorte que la créativité de chaque mère soit respectée ! Faisons en sorte que les mères souhaitant allaiter puissent réussir leur allaitement aussi longtemps qu’elles le veulent, et en compatibilité avec leur activité professionnelle ! Faisons en sorte que les mères qui ne souhaitent pas allaiter puissent en parler librement et être écoutées dans le respect de leurs convictions ! Faisons en sorte que le choix des parents ne soit pas entre le bon et le mauvais, entre le meilleur et le moins bien, mais plutôt dans une dynamique d’adaptation entre la mère et son enfant ! La mère choisit en fonction des caractéristiques innées de son bébé et en fonction de son histoire personnelle : à tous les niveaux de la société, aidons-la à créer ce qui convient le mieux à elle et à son
enfant.

Références :
1) ARRIGHI M-D. : Une Grande Tétée pour les entêtées de l'allaitement - Libération du lundi 23
octobre 2006 http://www.liberation.fr/vous/sante/212313.FR.php
2) ROTMAN C. : Ce sacro-sein allaitement - Libération du jeudi 30 novembre 2006
http://www.liberation.fr/vous/sante/220230.FR.php
3) SIMONDON K., KRAMER M. : Réapprendre l'allaitement - Libération du mardi 26 décembre 2006
http://www.liberation.fr/rebonds/225280.FR.php
4) Ministère des Solidarités, de la Santé et de la Famille, et Société Française de Pédiatrie :
Allaitement maternel – Les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère – fascicule PNNS
2005, 72 pages – http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/nutrition/allaitement.pdf
5) TURCK D. : Bénéfices santé, psychoaffectifs et économiques de l’allaitement maternel – Méd. et
Enf., 2006 ; 26 : 493-9
6) ANDERSON et al.: Breast-feeding and cognitive development: a meta-analysis – Am. J. Clin. Nutr.
1999; 70: 525-35
7) DANIELS M.C., ADAIR L.S.: Breastfeeding influences cognitive development in Filipino children –
J. Nutr., 2005; 135: 2589-95
Dr Marc Pilliot Lettre ouverte à « Libération » Janvier 2007
9
8) LAMAS C., GUEDENEY N. : Allaitement et relations précoces mère-enfant : l’état actuel des
connaissances - Méd. et Enf., 2006 ; 26 : 511-8
9) HEINRICHS M. et al.: Effects of suckling on hypothalamic-pituitary-adrenal axis responses to
psychosocial stress in postpartum lactating women – J. Clin. Endocrinol. Metab., 2001; 86 : 4798-
804
10) BITOUN P. : Valeur économique de l'allaitement maternel - Les Dossiers de l'Obstétrique 1994 ;
216 : 10-3
11) LECLERCQ A.M. : L'allaitement maternel : choix personnel, problème de santé publique ou
question de finance publique ? - Mémoire de DESS en Economie et Gestion hospitalière privée,
1996, Institut Supérieur de l'Entreprise - Université de Montpellier I
12) BALL T.M., WRIGHT A.L. : Health care costs of formula-feeding in the first year of life -
Pediatrics, 1999; 103 : 870-6
13) Initiativ Liewensufank Luxembourg : Allaitement et Travail ; 1993, cité par LECLERCQ A.M.,
mémoire DESS (cf. n°11)
14) Actes de la 3ème Journée Nationale de l’Allaitement : Entre sens et cultures : l’allaitement maternel
– Brest 2006, 54 pages
15) BAYOT I. : Ethique et efficacité de la communication autour de l’allaitement maternel – Actes de la
3ème JNA, Brest 2006 : 31-7
16) OMS, UNICEF : Déclaration conjointe : Protection, encouragement et soutien de l'allaitement
maternel : Le rôle spécial des services liés à la maternité, OMS, Genève, 1989.
17) Organisation Mondiale de la Santé, Département Santé et Développement de l'Enfant et de
l'Adolescent : Données scientifiques relatives aux dix conditions pour le succès de l'allaitement,
Genève ; 1999 ; 122 pages
18) UNICEF, WHO: Baby-Friendly hospital Initiative, revised, updated and expanded for integrated
care. Section 1: Background and implementation. Preliminary version for country implementation,
février 2006. http://www.unicef.org/nutrition/index_24850.html
19) MARCHAND M.C., PILLIOT M., LÖFGREN K. : L’initiative Hôpital Ami des Bébés : une démarche de
qualité actuelle et méconnue – Méd. et Enf., 2006 ; 26 : 585-9
20) Journée d’étude et remise officielle de labels « Amis des Bébés » dans le cadre du programme
pilote IHAB en Belgique ; Bruxelles, 5 octobre 2006

source: coordination-allaitement.org 

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24 septembre 2007

Ces stars qui allaitent...

th_15145Ce petit billet rigolo sera pour moi l'occasion de vous parler d'un site/communauté que j'ai découvert il y a peu de temps et je j'apprécie beaucoup: Le Lien Lacté

Shadow, l'administratrice du site ne se contente pas de recueillir des infos sur l'allaitement, elle va plus loins en tentant de réunir les mamans allaitantes de France et de Navarre. Vous pourrez donc sur ce site des témoignages, des documents à télécharger, des recettes au lait maternel... et des choses très rigolotes aussi dans la rubrique détente.

A part le site de LLL, je n'ai pas encore lu de site aussi complet et qui donnerait autant envie d'allaiter! Vous savez pour certaines que ce sujet me tient à coeur ;) et là je dois dire que je suis sous le charme...

Voici un petit article sur les stars qui allaitent présent sur le site pour vous donner envie d'y aller :)

Les stars et l'allaitement

Savez-vous que vous n'êtes pas la seule à allaiter votre bébé mais qu'il y également des gens très connus qui le font ? Sur cette page, vous trouverez un petit panorama des infos que j'ai pu récolter sur ce thème.

· Les stars qui ont été allaitées :

- A la question "Aviez-vous un doudou ?", Pierre Perret a répondu "Non, que le sein de ma mère quand j'étais tout petit". (entendu à la radio)
- Bernard Tapie a dit dans Paris Dernière : "J'ai tété ma mère jusqu'à 25 mois et je crois que c'est ce qui donne une immunité et qui rend indestructible face aux agressions des autres".

· Les stars qui allaitent ou qui ont allaité :

- Maurice Barthélémy, des Robins des Bois, a déclaré chez Ardisson que sa compagne, Judith Godrèche allaitait leur enfant. Judith avait déjà allaité son premier bébé 1 an et raconté dans Elle qu'elle l'avait élevé un peu "à l'africaine"..
- Toujours chez Ardisson, Alain Chabat a raconté "s"en être moins bien sorti avec l'allaitement qu'avec les couches".
- Uma Thurman a allaité son bébé y compris sur les tournages, le fait qu'il puisse l'accompagner étant une de ses conditions.
- Monica Belucci a fait l'apologie de l'allaitement dans Elle, sa fille avait alors 5 mois, elle l'emmenait et l'allaitait partout.
- Vanessa Paradis aurait allaité chacun de ses enfants plus d'un an.
- Maureen Dor a fait sensation en apportant un verre de son propre lait tiré sur le plateau de Ruquier.
- Lio milite pour l'allaitement et le maternage.
- Guyneth Paltrow aurait allaité au moins un an.

- Elle McPherson promeut l'allaitement pour l'Unicef. En janvier 2005, le mannequin australien s'est rendu dans la maternité de l'hôpital Oldham de Manchester pour encourager les mères à donner le sein et remettre à cet établissement une récompense pour son travail en faveur de l'allaitement maternel. Elle a elle-même allaité ses deux fils et a déclaré que c'était le meilleur départ qu'elle ait pu leur donner mais que beaucoup de femmes n'obtiennent pas l'aide et le soutien dont elles ont besoin pour y parvenir.

- Dans le numéro de Elle de mars 2004, Frédérique Bedos a parlé de l'allaitement et du gout : "Quand j'attendais ma fille. Tout d'un coup, je me suis mise à aimer les légumes. Je l'ai allaitée neuf mois. La voir grandir grâce à moi, c'était fabuleux. La bouche des bébés est tapissée de papilles gustatives et quand on les allaite, ils perçoivent tous les gouts. J'ai commencé à mieux me nourrir. Je voulais qu'elle se régale, qu'elle découvre de nouvelle saveurs. Après le sevrage, j'ai eu envie de lui faire de bons petits plats. Pas facile, je ne savais même pas cuire un oeuf ! J'ai appris les basiques..."

- Teri Hatcher (Tango & Cash, Loïs et Clark, Desperate Housewives) a allaité sa fille 2 ans et demi (Maman n°46, octobre 2005).
- Axelle Red allaite et porte sa fille en pagne (Paris Match).
- Jenna de Rosnay déclare qu'elle déteste "préparer des biberons, c'est pourquoi j'ai allaité mes [4] filles le plus longtemps possible avec un plaisir infini. C'est un moment d'osmose totale" (Famili n°158, mars 2006).
- Jennifer Garner (Alias) déclare vouloir allaiter sa fille au moins 6 mois (Maman n°50, mars 2006).
- Eva Herzigova en photo en train d'allaiter son bébé né le 1er juin 2007 (Paris Match, été 2007).
- L'actrice française Anna Mouglalis allaite sa fille Saül. (Le Matin Online, août 2007).

l'article complet juste ici

Alors allez vite visiter Le Lien Lacté!!!

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06 mars 2007

Un concept vraiment fabuleux!

Faut que je vous parle d'une découverte, faite il y a quelques mois: Signe avec Moi

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Voici le message d'accueil que vous pouvez trouver sur leur site:

Pour la première fois en France...

Les enfants sont capables de communiquer par gestes bien avant de pouvoir le faire oralement. L'utilisation de la langue des signes permet aux enfants "préverbaux" de disposer rapidement d'un large vocabulaire pour s'exprimer et être mieux compris de leur entourage en attendant que la parole se mette en place. Nous vous proposons de découvrir cet outil fantastique à travers ce site.
Mamans, papas, grands-parents, babysitters, assistantes maternelles, enseignants, personnels spécialisés petite enfance, amis, curieux ... vous êtes les bienvenus!

Nathanaëlle Bouhier-Charles et Monica Companys, créatrices du concept


Monsieur Tomate a 9 mois, il commence à bien se faire comprendre. Il y a quelques semaines, il m'a dit au revoir avec sa main (sa toute petite main pas encore très adroite mais qu'il a si bien sû agiter), il a donc été capable d'associer ce mouvement, ce geste, un signe en somme à une idée, une parole: "au revoir".

Là: le déclic. J'avais déjà lu différents articles au sujet de ce concept de Signe avec moi d'abord avec sa version américaine (qui ne m'avais pas tout à fait convaincue car les signes sont simplifiés et je refuse l'idée que l'acquisition du langage passe par un appauvrissement de la langue, qu'elle soit signée ou vocalisée; en effet le concept français utilise une langue à part entière, la LSF, du moins des mots de LSF, pas des phrases complètes car le but n'est pas le bilinguisme mais de chercher à mieux communiquer) puis grâce au blog de Catherine Dumonteil Kremer notamment.

J'ai donc illico commandé le livre, je l'ai reçu 48h après, il a été lu dans la journée, j'ai eu le temps d'apprendre déjà quelques signes.

Quel est mon principal objectif? c'est très simple: comprendre les besoins de mon enfant pour mieux y répondre. Sur leur site, leur forum mais aussi dans leur livre vous pourrez lire de nombreux témoignages de  parents, certains sont très révélateurs de l'incompréhension qui règne entre nos petits baragouineurs (dadadaddada, dans leur langue ça veut toujours dire quelque chose, même si nous ne l'entendons pas...) et nous parents, parfois dépassés, frustrés autant que ce petit chou qui nous exprime un besoin et qui n'a pas  de réponse adéquate. Comme l'explique très bien Nathanaelle Bouhier-Charles, si un bébé n'a pas la capacité d'exprimer ses besoins verbalement, à l'aide des muscules de sa bouche il peut le faire avec les muscles de ses petits bras, de ses petites mains, Monsieur Tomate me l'a prouvé, avec un geste que tous nos enfants font ou ont fait étant bébé. Je ne souhaite pas faire de lui une sorte de "chient savant", quelle horreur. Non bien au contraire, dans ma démarche de maternage proximal je cherche à combler les besoins de mon bébé, de mes enfants pour que la frustration laisse place à une meilleure estime de soi, une réelle confiance en l'autre a fortiori en ses propres valeurs. Mieux communiquer est en soi une chose des plus essentielles; à une époque où l'on vit une explosion des moyens de communications, j'ai l'impression que les rapports entre êtres humains n'ont jamais été aussi pauvres, et surtout au sein de nos propres familles! On a peur d'être trop attaché, il faut être fort, vaillant, surtout indépendant (arrête de le prendre dans tes bras, il va s'y habituer...)... Et si la clé était le dialogue? Et si au fond mieux communiquer passait par différentes formes de langage, pas seulement ce qui est normé? Et si finalement combler les besoins d'un bébé, d'un jeune enfant en sachant l'écouter, avec les oreilles mais aussi avec les yeux, le coeur ce n'était pas le premier pas vers un monde moins sinistre, moins violent? J'extrapole peut être me direz vous... mais il me plait de croire que le dialogue permet de s'ouvrir à l'autre et que cela s'apprend dès le berceau (ou dès l'écharpe lol). Ainsi toute forme qui vise à optimiser les intéractions entre mon bébé et moi pour lui apporter plus d'affection et d'intérêt me laisse présager plus tard plus de respect réciproque, au sein du foyer mais aussi au sein de la société.

Actuellement, je n'en suis qu'au début, je signe déjà bisous, têter, écharpe..., et d'autres signes proches de mon quotidien (ordinateur, crème de jour, huile essentielle... non je plaisante lol), proches de notre quotidien commun.

Je vous en dirai plus bientôt, si vous le voulez bien! A suivre donc ...

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24 octobre 2006

De retour... enfin pas tout à fait

bjrrrrrUn petit coucou pour vous donner des nouvelles de mon ordi. Il n'est pas encore réparé et cela risque de prendre pas mal de temps... Monsieur aurait pu me prêter le sien mais son chargeur a cramé (on a des portables tous les deux)... Dur dur mais ça fait du bien de ne plus se griller les yeux devant un écran.

Depuis ces quelques jours j'ai refait des savons (ratés beuhhhhh trop laids) et j'ai pas arrêté de bricoler, bidouiller, cuisiner, découper, coller, tambouiller... trop bien :)

J'ai été consternée aussi, en lisant cet article de libé au sujet des rencontres de mères allaitantes en France.

Une petite citation:

Une Grande Tétée pour les entêtées de l'allaitement

Par Marie-Dominique ARRIGHI

QUOTIDIEN : Lundi 23 octobre 2006 - 06:00

Il y en a une petite centaine. Des bruns, des bleutés, des laiteux, avec au bout des gamins. Hélas, c'est un demi-succès : deux à trois fois plus de seins et de mères allaitantes étaient espérés hier sur les gradins du forum des Halles à Paris (1). Baptisé la Grande Tétée, le rassemblement donnait à voir des femmes munies de bébés, mais aussi d'enfants de 3 ans, voire de 4. Telle Solena, qui marche, parle, va à l'école et qui présentement suce sa mère. «Elle a toujours voulu continuer à téter, c'est son souhait, plaide Muriel, 39 ans, mère très obéissante en congé parental.

lire la suite...

Je suis assez consternée en effet. Bon cette personne ne sait manifestement pas de quoi elle parle. On sent dans son écriture son mépris pour nous les mère allaitantes (frustration?) et évidement je me suis sentie visée en lisant cet article. Alors que faire: ignorer ou répondre? J'ai choisi au moins de faire passer cet "article" et vous laisser seules juges.

Donc je ne suis plus très présente mais là, fallait que j'en parle...

Dès que je peux transférer mes photos sur mon ordi je vous montrerai mon colis pour Meetoos et celui que j'ai reçu mais aussi mes nouveaux savons ! Je  vous donnerai une new recette de crêpes super originale et délicieuse ;) Promis!

Bises et à bientôt!

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15 septembre 2006

Mama Plus, une révolution pour nous les femmes!

BJLRN10

Je me tâtais... allais-je mettre ce texte dans la section "Un peu d'humour" ou plutôt dans celle consacrée au Parentage conscient... Parce qu'il donne à réfléchir autant qu'il fait sourire, il m'a semblé bon de le "ranger" dans la seconde "case". Remplacez utérus pas seins, grossesse par allaitement et vous verrez pourquoi ;)

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AN 2043 : UN GRAND PAS EN AVANT DANS LA LIBERATION DE LA FEMME !       

(auteur inconnu)

De plus en plus de femmes trouvent difficilement supportable de subir 9 mois de grossesse, avec tous les inconvénients, risques et contraintes que cela implique (inconfort, déformation du corps, risque de maladies liées à la grossesse, obligation d'avoir une bonne alimentation, de limiter la consommation de tabac, d'alcool...). Et de plus en plus d'hommes trouvent choquant que les organes génitaux féminins soient utilisés pour autre chose que les rapports sexuels. En outre, le fait qu'une femme enceinte s'exhibe hors de son domicile est considéré comme du harcèlement sexuel dans certains pays. Les utérus artificiels existent depuis longtemps, mais leur complexité, rendant obligatoire une maintenance en service hospitalier, ne permettait qu'à quelques privilégiées d'en bénéficier. La société Schnouff-Letordu a mis au point un utérus artificiel d'une conception révolutionnaire, pouvant être utilisé très facilement au domicile, et d'un prix le mettant à la portée de la plupart des familles. MAMA-PLUS sera disponible très prochainement dans toutes les pharmacies, et représente la solution d'avenir pour les couples modernes.       

Après fécondation naturelle, l'embryon sera placé dans l'appareil à l'occasion d'une simple visite chez un gynécologue. L'appareil le maintiendra à température constante, et le nourrira automatiquement. La mère sera totalement libre de faire tout ce qu'elle souhaite, la seule contrainte de l'appareil étant le changement, 4 fois par jour, de la solution nutritive (ce qui ne prend que quelques minutes). De plus, le père (en particulier) pourra, lui aussi, changer la solution nutritive et surveiller le bon développement du fœtus, ce qui lui permettra de tisser un lien plus étroit avec son enfant. MA Bouleux, concepteur de l'appareil, pense que " bon nombre de femmes porteront l'enfant dans leur utérus pendant les premières semaines, pour le plaisir d'éprouver des sensations nouvelles, mais que les nausées du premier trimestre les amèneront rapidement à transférer le fœtus dans Mama-Plus. "Il estime cependant possible que quelques " extrémistes " persistent à préférer porter elles-mêmes le fœtus jusqu'à 6 mois de grossesse et au-delà. Cette pratique serait cependant susceptible de porter préjudice à l'enfant, certains auteurs ayant récemment avancé l'idée qu'un fœtus ayant vécu dans l'utérus de sa mère pendant plus de 6 mois avait, par la suite, des difficultés à acquérir son autonomie.

" Certes, les études faites jusqu'à ce jour montrent que les enfants sont en meilleure santé après une grossesse passée entièrement dans l'utérus maternel ; mais, en réalité, la différence est minime. Décider entre une grossesse naturelle ou l'utilisation d'un utérus artificiel est maintenant une question de choix personnel, et il serait malhonnête de tenter de culpabiliser les femmes qui, aux risques et aux inconvénients d'une grossesse naturelle, préfèrent la facilité, la tranquillité et la fiabilité offertes par Mama-Plus. "       

Pour lancer son produit, le fabricant met actuellement au point une vaste campagne de publicité, visant tant les professionnels de santé que le grand public : brochures d'information, spots publicitaires, feuilleton télévisé centré sur Mama-Plus... Il a aussi entamé des pourparlers avec les services de santé et les associations caritatives pour subventionner la distribution gratuite de Mama-Plus aux femmes des milieux les plus défavorisés.

Vu sur l'excellent site http://maternage.free.fr (une merveille...)


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Cela semble impossible, honteux d'imaginer un tel scenario. Et pourtant... je suis malheureusement persuadée que si on avait la possibilité de le faire, notre société ne rejetterait pas une telle chose.

Il n'y a qu'à voir comment on considère les femmes qui allaitent plus que quelques mois (encore que l'allaitement est de plus en plus promu, ça fait du bien mais c'est insuffisant). Comment une femme peut-elle allaiter dans de bonnes conditions si elle n'a pas le soutien et l'aide qu'elle est en droit de recevoir (il y a tout à refaire, aujourd'hui rares sont les femmes qui ont été allaitées elles mêmes ou qui ont vu des membres de leur famille, cousins/cousines, frères/soeurs, neveux/nièces allaités) ?, si de plus elle est contrainte d'aller travailler si précocement (tout le monde n'ayant pas la possibilité de se contenter d'un salaire ou de prendre un congé parental)? ... On conforte les femmes dans cette idée qu'allaiter des difficile, contraignant, qu'elles vont perdre une partie de leur féminité en devenant plus mère que femme - le rôle du compagnon devient alors crucial.

Allaiter c'est bon pour la santé (celle de bébé et de maman), c'est bon pour le moral (du bébé et de la maman là encore), c'est bon pour le développement psyco-affectif du bébé, cela ne le rend pas asocial et incapable d'être autonome mais au contraire en plus de ses défenses immunitaire (on range l'actimel au placard, merci!) cela renforce les liens mère/enfant (ce qui va l'aider par la suite à s'estimer et à avoir confiance en lui). Ceci est une mini synthèse de tous les bouquins sur l'allaitement que vous pourrez trouver, même Parents le dit (magazine qui pour moi est loin d'être une référence).

 

Depuis 4 ans, je suis soit enceinte, soit j'allaite (ou les deux). Je suis mère et femme et personne ne me prendra le droit et le plaisir de porter mon enfant en moi, de le mettre au monde physiologiquement et de lui donner encore un peu de moi après sa naissance.

Même si ce Mama Plus n'existe pas vraiment, et Dieu merci! j'affirme que jamais on ne m'enlèvera le bonheur d'être mère!


bjnn


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09 septembre 2006

L'Etoile de Laura

Je tenais à vous faire partager le dessin animé préféré de Monsieur Patate. Il ne s'en lasse pas et me le réclame sans cesse... "Maman, je veux l'Etoile de Laura!!!" titeuplé maman..."

C'est une merveilleuse histoire, pleine de tendresse, d'Amour, d'amitié, de Bien...

laura

En voici le synopsis...

C'est l'été. La petite Laura, âgée de 7 ans, vient d'emménager avec sa famille dans une nouvelle ville, où elle a du mal à se faire des amis.
Un soir, elle recueille et soigne une étoile tombée du ciel. Toutes deux vont devenir des amies inséparables. Mais une étoile ne peut pas vivre sur Terre et, au grand désespoir de Laura, son étoile va perdre petit à petit son éclat. Aidée de son ingénieux voisin Max, Laura trouvera la solution pour rendre l'étoile à son espace naturel : le firmament.
C'est ainsi que l'étoile pourra étinceler à nouveau, chaque soir, pour le plus grand plaisir de Laura et de son nouvel ami...



Cette histoire pleine de magie et de rêve a enchanté Monsieur Patate. Il commence à reproduire les dialogues lorsqu'il est seul sans sa chambre, c'est craquant. Du point de vue esthétique c'est un véritable régal. Les dessins sont magnifiques, les personnages attachants, les paysages enchanteurs... et en plus mon petit garçon maintenant est passionné par les étoiles! Que demander de plus? Ce que j'aime par dessus tout c'est que cette petite fille dans ce film est respectée par ses parents, on y voit une famille unie, dont les membres se respectent même si ce n'est pas toujours facile (notamment les rapports frère et soeur), cela donne à voir une certaine image de la famille qui m'a plue et que je souhaite voir véhiculée plus souvent. Point de baston, de monstre, de bagarre inter galactique... juste une petite fille qui apprend l'amitié, la vraie, celle qui fait que l'autre passe avant soi et ses désirs personnels, elle apprend à grandir en acceptant cette nouvelle vie puisqu'elle sait qu'elle est parmis les siens et que c'est cela qui compte vraiment. C'est pour moi plus qu'un simple dessin animé, mon petit bonhomme a l'air d'avoir cet opinion en tout cas puisque c'est la première fois qu'il "accroche" autant.

L'étoile de Laura existe aussi sous forme d'un livre + CD qui a été conçu tout comme le film d'après le livre de Klaus Baumgart. A lire, à voir, à écouter... inlassablement!

etoile

 

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04 septembre 2006

Les Bébés viennent de la Voie Lactée...

 

Voici un texte que j'ai beaucoup aimé. Je l'ai découvert dans l'ouvrage de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau Pour une Parentalité sans Violence. Il a été écrit par Ann Calandro et a été traduit par La Leche League. Ce texte est plein d'humour et de bon sens... Bonne lecture!


momD'où viennent les bébés ?

Si l'on en croit un récent best-seller, les hommes viendraient de Mars et les femmes de Venus. Pour ce qui est des bébés, les experts pensent maintenant qu'ils viennent de quelque part près de la Voie lactée. Ce qui expliquerait que lorsqu'ils arrivent sur Terre, ils sont affectés d'une sorte de "jetlag" cosmique, et ne connaissent absolument rien des coutumes et styles de vie terriens.  

Les Terriens, qu'ils soient de Mars ou de Vénus, sont très troublés de voir ces nouveaux arrivants ne pas se conduire tout de suite comme le font les Terriens adultes : manger selon un rythme terrien, dormir quand la nuit tombe, etc. Les Terriens sont très surpris de voir leurs tout-petits, naturellement synchronisés sur le temps de la Voie lactée, se conduire d'une façon pourtant tout à fait normale pour des citoyens de la Voie lactée. 

Parents terriens, notez bien : vos bébés se conduisent parfaitement normalement pour des Voie-lactiens ! Les citoyens de la Voie lactée mangent toujours toutes les deux heures. Ils dorment le jour et sont debout la nuit. La nuit est faite pour s'amuser et rencontrer les amis. Si malgré tout, un Voie-lactien dort la nuit, il ne le fait qu'en groupe, comme les chiots, par peur du Monstre lacté qui attaque les petits Voie-lactiens quand ils sont seuls dans l'obscurité. Laissés tout seuls, ils ont peur et appellent à l'aide.

Quand ils arrivent, ils ne parlent pas un mot de français, ni d'anglais, ni d'aucune autre langue terrienne. Ils essayent de communiquer en langage voie-lactien, mais les Terriens ont beaucoup de mal à les comprendre. Parfois, au lieu de l'admettre, les Terriens préfèrent dire que c'est bon pour les poumons du Voie-lactien que de parler tout seul dans sa chambre pendant des heures.  

Quand un petit Voie-lactien arrive sur Terre, il est important de comprendre d'où il vient, et de l'accueillir avec respect. Souvenez-vous qu'il a besoin de temps pour s'adapter à une nouvelle culture. Il a besoin d'amour et de patience. Il a besoin d'être avec des Terriens qui écoutent son langage en même temps que lui essaye d'apprendre le leur.

Les nouveaux parents doivent comprendre que le petit Voie-lactien ne se réveille pas la nuit pour les rendre fous : c'est juste sa façon d'être. Un jour, il comprendra qu'être debout la nuit n'est autorisé que pour les étudiants, les célibataires et ceux qui doivent travailler de nuit, comme les infirmières et les serveuses. Il apprendra à manger à des heures qui conviennent aux Terriens. Ce concept prendra un long moment à être assimilé parce que la meilleure nourriture pour le faire grandir en bonne santé, à savoir le lait vénusien, se digère très rapidement.

Si on le presse trop, le bébé Voie-lactien risque de ne pas avoir confiance en sa nouvelle planète et de mettre plus longtemps à devenir un petit Terrien indépendant.  

S'il a de la chance, il trouvera un foyer avec des Terriens qui apprécieront ses qualités voie-lactiennes et se réjouiront de ses premières semaines si spéciales sur Terre, quand le bébé est tout neuf. Bientôt, il deviendra un vrai Terrien, mangera comme un Terrien, dormira comme un Terrien. Il est dangereux pour sa santé mentale et son bien-être de vouloir accélérer la transition. Ayez confiance, ça arrivera en son temps.

Ann Calandro, Waxhaw, Caroline du Nord,
paru dans North Carolina's Rocking Chair,
Printemps 1998

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21 août 2006

On récolte ce que l'on sème...

main

Monsieur Patate est parti hier midi. Il avait son petit sac sur le dos, un petit bonbon dans la main droite, plein d'Amour dans les yeux et je l'ai accompagné jusqu'au train. Il a rejoint S. qui devait l'emmener voir ses coupines pour quelques jours à la campagne.

Je lui ai bien expliqué qu'il allait prendre le train, et que Maman allait repartir de son côté. Il m'a répondu d'un air tout à fait décontracté "oui et maman elle va prendre le métro et elle va rentrer à la maison! Et moi je vais voir COPIIINNNEEEE!!!".

Il n'a pas encore 3 ans. Tout le monde (oui tout le monde) me disait que je ferai de lui un pleurnichard à le prendre toujours dans mes bras, que je ferai de lui une personne dépendante de moi à l'allaiter aussi longtemps, voire un être déséquilibré à partager son sommeil dans le lit conjugal (oh sacrilège!).

Comme on dit, on récolte ce que l'on sème... eh oui. Monsieur patate n'a pas 3 ans et il aime dire au revoir à sa Maman. Il sait qu'il va la retrouver parce qu'il a confiance en elle et en lui même.

On ne peut avoir confiance en soit qu'en se sentant aimé et rassuré. Lorsque vous doutez de vous, c'est que quelque part vous doutez des autres, de ce qu'ils pensent de vous, du regard qu'ils portent sur vous. Un enfant c'est pareil: s'il appelle ses parents et que personne ne répond, il ne peut se sentir en sécurité, il apprend tout simplement non pas la patience mais l'incertitude.

Monsieur Patate est parti, il m'a fait coucou. Il a donné la main à S. et est monté dans le train. Il m'a appelé le soir pour me dire qu'il s'amusait bien et il a vite rendu le téléphone pour continuer à jouer. Il n'a pas peur de ne plus me revoir puisque je lui ai dit qu'il allait rentrer à la maison un peu plus tard. Ainsi, l'avenir ne peut être incertain car depuis ses premiers jours, lorsqu'il m'a fait part d'un besoin j'y ai répondu du mieux que j'ai pu. C'est comme un contrat passé entre lui (son papa) et moi. Il a besoin de nous: nous sommes là s'il en fait la demande. Contrairement à ce que le commun des mortels peut penser, plus on accède aux besoins d'un bébé moins il réclame par la suite. Monsieur Patate me l'a prouvé une fois de plus.

Je suis fière
d'avoir semé cette petite graine qui maintenant est devenue une jolie fleur, avec pour seul engrai de l'Amour et du Respect (bio s'il vous plait). Aimez vos enfants: ils vous le rendront plus tard, qui sait, peut être sur un quai de gare lorsqu'ils voleront de leur propres ailes. Votre principale récompense? savoir qu'ils affrontent la vie avec un solide bagage: la confiance en eux et en l'avenir.

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13 août 2006

Présentation de mes LouLous

Monsieur Patate

patate4


Monsieur Patate (on ne rit pas, c'est vraiment son surnom) aura 3 ans en septembre prochain. Il est très mignon et aime par dessus tout jouer sur le PC au Monde de Victor.

Ce petit garçon a été allaité un bon bout de temps, plus ou moins deux ans et s'est sevré naturellement. Il a été porté dès sa naissance (au début en porte bébé puis quelques mois plus tard, j'ai découvert l'écharpe, un pur bonheur) et porte des lavables depuis qu'il a environ 3 mois. Eh oui, je dis bien porte parce qu'il n'est pas décidé à aller aux toilettes pour le moment. Tant pis, quand ce sera le moment il me le fera savoir, j'en suis sûre!

Lui et moi, on fait beaucoup d'activités d'éveil, peinture, dessin, pâte à modeler, mais aussi tangrams, perles à enfiler et bien d'autres choses encore. On cuisine, on se promène, on discute, on lit, on joue... bref on s'amuse comme des petits fous!

Il aime énormément son petit frère et il commence un peu à mieux accepter sa venue (pas tous les jours facile au début je l'avoue, il a fallu le ménager et le préserver pour qu'il ne se sente pas rejeté).

Je vais vous le présenter...

Monsieur Tomate

tomate

Monsieur Tomate s'appelle ainsi parce que depuis ma grossesse jusqu'alors je n'arrête pas d'en manger, et en plus ça rime avec le surnom de son frangin, ça tombe bien!

Il est né il y a donc un peu plus de deux mois, par un beau jour de printemps. J'étais à bout de force, épuisée par une grossesse pas facile, puis il est arrivé.

Il nous comble de ses sourires, de ses gazouillis et de ses grands yeux.

Il y a déjà énormément de complicité avec son grand frère, c'est merveilleux de voir l'attachement qu'ils ont déjà l'un pour l'autre...


Voilà pour les présentations mini38

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05 août 2006

Youpi j'ai reçu mon écharpe!!!

Drinnngggggggg

Il est 8h du mat', moi dans le thé, je me lève, et réponds à l'interphone: "coliposte madame". Il ne m'a fallu que quelques secondes pour capter qu'il s'agissait de ma commande chez P'tit Ouistiti (eh oui paiement en deux fois sans frais, obligé que je commande chez eux). J'ai reçu mon écharpe Storchenwiege, un vrai bonheur, une pure merveille. Ces écharpes sont d'une qualité exceptionnelle, testées régulièrement et exemptes de trucs cracra, 100% coton, lavables en machine à 60°, garanties 2 ans... et confortables surtout. Elles sont livrées avec un petit bouquin qui explique bien les noeuds. Perso je suis adepte depuis 3 ans à peu près donc je maitrise plutôt bien mais je sens qu'il va bien servir à quelques copines ce livret!

Ni une ni deux, le facteur était à peine parti que je déballai frénétiquement mon petit paquet en kraft. Je me suis préparée, j'ai préparé mes loulous et nous sommes partis toute la matinée nous promener! Rebelotte après la sieste. Que du bonheur...

J'ai choisi le coloris Anna: anna_z25

Mon écharpe fait 5m20 (histoire d'être sûre de pouvoir faire tous les noeuds, même avec un zouzou de 3 ans).

Mon bébé apprécie beaucoup lui aussi cette nouvelle écharpe (plus confortable que la première, qui était plus courte et plus épaisse - Amazonas Brazil de 4m50). D'ailleurs, j'ai les totos tout gonflés et pleins de lait. Bébé tête moins du coup et l'engorgement n'est pas loin.

J'ajoute que je suis très contente d'avoir commandé chez les P'tits Ouistitis. Commande passé le mercredi et reçue le samedi matin, frais de port seulement de 2euros 50 (si si vous avez bien lu!), ils m'ont même envoyé le numéro de suivi le jour où mon colis a été envoyé. Enfin voilà une petite joie pour un weekend qui a bien commencé.

Pourvu qu'il fasse beau demain, j'ai bien envie de sortir mon écharpe euh... mes enfants!

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